lun. Juin 1st, 2026
durabilité

Ensuite vient l’étape du contrôle, du tri et de la séparation avancée,

avec des outils plus innovants qui offrent l’opportunité d’aller plus loin dans la finesse d’extraction des matières et donc dans la valeur ajoutée des débouchés. En matière d’outils d’analyse, on soulignera par exemple l’innovation d’Eriez dont le moniteur de perte de métaux (MLM) permet aux opérateurs de déterminer la quantité de métaux non récupérés sur la ligne et donc de prendre des mesures d’optimisation ou correctives. L’arrivée au niveau opérationnel des technologies LIBS (technologie de spectroscopie de plasma induit par laser) permet aussi de disposer d’outils rapides et extrêmement précis pour l’analyse des matières. Cette arrivée est concrétisée par une annonce de Bertin (technologie Quantom pour la détection de retardateurs de flammes et de tri couleur) et du Critt Matériaux Alsace avec Ivea (technologie Weelibs, issue d’un projet Life +). Pour le tri, les options techniques continuent de se diversifier. CTP (Centre Terre & Pierre) propose une technique de séparation en voie sèche des plastiques granulaires par triboélectricité, s’affranchissant ainsi de la densité, de la couleur et de la forme des granules. Autre exemple original : Neos et sa griffe bioinspirée. Il s’agit d’un séparateur de films plastiques, inspiré du mouvement de la griffe du chat, d’où son nom « La Griffe » qui permet d’extraire les films des gisements de déchets triés pour ne pas gêner les machines classiques de séparation et capter de fait aussi un nouveau gisement de matière première. Dans une autre filière, celle des cartes électroniques, on ne manquera pas cette année de remarquer la TPE Bigarren Bizi, qui
industrialise un procédé totalement mécanique de séparation et recyclage des matières premières des cartes électroniques grâce à des étapes successives de micronisation permettant une dissociation des métaux des plastiques supports (projet soutenu par le concours mondial de l’innovation). La notion de mines urbaines se trouve ainsi largement mise en avant dans les DEEE (d’autres PME innovantes du salon sont d’ailleurs positionnées sur le domaine, telles que Morphosis) mais également sur d’autres gisements. C’est le cas par exemple avec Valgo, spécialiste de la réhabilitation des sols, qui vient de démarrer un projet pilote de dépollution des terres par les plantes (procédé Phytotertre) qui permettra d’extraire efficacement les métaux via les plantes desquelles seront extraits ensuite les métaux par lixiviation à des fins de valorisation. Autre illustration de la démarche : la société LAB présentera en conférence un nouveau traitement humide des mâchefers d’incinération visant à récupérer les métaux précieux non ferreux.

Efficacité et efficience dans les procédés

La quête d’optimisation et rendement concerne également les procédés mêmes de traitement des polluants et pollutions. Cela s’illustre notamment par des progrès continuels dans les biotechnologies dans le secteur des eaux usées. Cette année par exemple, Cebedeau présente une série d’outils rapides et fiables permettant d’établir le profil métabolique d’un réacteur biologique, améliorer le processus, diagnostiquer un dysfonctionnement, réduire les consommables et élargir ses fonctionnalités, pourquoi pas jusqu’au concept de la bio-raffinerie. L’exemple déjà évoqué ci-dessus du nouveau consortium bactérien de Serpol, capable de traiter un spectre plus grand de polluants dans les nappes (procédé Bacteau) s’intègre également dans cette tendance tout comme l’offre de Bioentech de solution de supervision des procédés de méthanisation, visant à augmenter les rendements de production de biogaz.

Les gains d’efficacité peuvent se traduire par un design nouveau d’installations, comme c’est le cas avec le nouveau système de distribution des effluents par lit bactérien d’Hamon Thermal Europe qui affiche à la fois une réduction de consommation électrique mais aussi et surtout une garantie d’efficacité par l’homogénéité ainsi obtenue au sein des effluents. C’est également l’homogénéité qui est recherchée par Züblin dans le traitement d’aquifères pollués à travers son système de puits de recirculation qui assure une parfaite distribution des additifs ou intrants dans l’eau, d’où une optimisation de la dépollution biologique in situ.

Enfin, une source d’efficience économique et environnementale dans les process d’épuration vient de la
filière boues qui, comme chaque année, reste un vivier d’éco-innovations. Sur cette édition  sera ainsi présenté le procédé Codetem (combinaison de traitements électriques et physico-chimiques pour améliorer la déshydratation des boues) développé par l’Université de Compiègne et primé aux TIE. Sont également mises en avant des évolutions de diverses presses (ex. : chez Andritz et Bellmer), avec des méthodes permettant de réduire l’énergie consommée, la quantité d’agents floculants et d’une manière générale les coûts d’exploitation. On retrouve aussi une approche d’économies dans l’offre d’Orège (procédé SLG). Une option à signaler est celle offerte par le procédé Exelys de Veolia, qui fera l’objet d’une conférence : ce procédé en début d’industrialisation (une seule référence de petite taille pour l’instant et deux installations en cours), couple l’hydrolyse thermique et la digestion anaérobie, celle-ci devenant ainsi plus efficace.

La recherche de compacité

Un autre critère d’efficience à ne pas négliger est également l’empreinte au sol des équipements, de plus en plus souvent mise en avant par les éco-industries soucieuses de s’intégrer dans les sites existants et de limiter le coût du foncier dans les investissements. Ainsi, par exemple, WEG lance une nouvelle gamme d’alternateurs à aimants permanents à puissance volumique élevée. De même, dans le monde des déchets, Lindner-Recyclingtech propose un nouveau broyeur qui double sa capacité opérationnelle à taille égale. Tous les domaines d’activité sont concernés par la tendance, à l’image du secteur de l’eau avec l’offre Techneau d’équipements de relevage à emprise foncière réduite mais aussi des filières pourtant à vocation extensive : avec ses filtres plantés de roseaux, Syntea insiste ainsi sur la compacité de la conception qui permet d’améliorer l’abattement de l’azote total (procédé BiHo-Filtre). Dans la même logique de compacité, la multiplication d’offres de traitement en mobilité se confirme d’année en année. On retiendra par exemple la solution Aeromobil de CTP Environnement, qui combine traitement physico-chimique avec flottation à air dissous des effluents usés.

Durabilité et efficience nourries par les progrès du monde des données

Savoir, c’est pouvoir. En matière d’environnement, c’est également le cas. Savoir, c’est dominer son sujet et avoir les moyens de gagner en productivité. Depuis deux à trois ans, ce mouvement est largement engagé et les innovations des précédentes éditions de Pollutec l’ont parfaitement illustré. La métrologie environnementale n’a plus seulement vocation à répondre à des obligations de contrôle, même si elle se nourrit aussi de cela, mais bien d’être un outil de gestion et de productivité, d’optimisation de procédés et, donc, d’économies.

De fait, il n’est pas étonnant de retrouver nombre d’innovations métrologiques avec des critères différenciant de compacité, de précision et de réponse en temps réel (voire en continu). Le mot miniaturisation apparaît, par exemple, dans un procédé d’analyse d’eau du CEA primé aux prix TIE et reposant sur des systèmes micrométriques mais aussi dans la nouvelle offre Burkert de mesure de paramètres physiques (pH, turbidité) mettant en oeuvre des puces MEMS. Cette caractéristique de performance est d’ailleurs associée aussi à des possibilités de multi-paramètres sur un même appareil (Burkert ou Paratronic par exemple) ou encore de mesure temps réel, participant en effet à des attentes des industriels de pilotage en continu de certaines installations, pour plus d’efficacité et d’efficience. Exemple avec l’écrémeur Skimoov de Sorepol, dont la fonction de base est de pomper la phase surnageante d’une pollution de nappe souterraine avec un minium d’eau. Grâce aux capteurs temps réel, l’outil est capable d’ajuster son fonctionnement selon les caractéristiques de la couche qu’il écrème (viscosité, épaisseur) pour
récupérer la phase la plus concentrée possible de polluants.

L’exigence de multiplication de données pour le pilotage se traduit également par des mises en œuvre simplifiées des capteurs. Cela s’illustre par la métrologie sans fil, autonome (donc si possible basse consommation) mais aussi connectée. La société Ijinus développe ainsi sa gamme de capteurs, aujourd’hui proposés pour l’autocontrôle des lagunes et des petites stations d’épuration.

Le terme « intelligent » ou « smart » ne manque pas non plus de fleurir,

dans la mesure où la multiplication de données et leur traitement pertinent amènent effectivement à prendre des décisions de gestion adaptées et donc « intelligentes ». Le sujet touche en particulier le monde de l’énergie (dont l’éclairage) et de la qualité de l’air où les réseaux connectés et maillés de capteurs font sens pour optimiser l’utilisation des ressources ou limiter les pollutions. Pollutec se fait l’écho de ces tendances à travers les offres d’Eurotech (mesures de qualité de l’air en réseau), les moyens mutualisés de gestion des données de capteurs de Green Ideas Technology (au départ orientés sur le pilotage intelligent de l’éclairage) ou encore l’offre Flowatch 3.0 de gestion de données temps semi-réel accessibles par le web, spécifiquement développée pour les secteurs de l’eau et de l’environnement.
Cette tendance du capteur connecté est enfin très présente cette année dans le secteur des déchets et plus précisément des collectes de conteneurs dont le taux de remplissage est désormais ausculté et transmis à distance pour optimiser les collectes. On retrouve cette année des annonces de Green Creative (sur une machine de tri-compaction de cannettes, bouteilles et gobelets), de Sineu Graff (conteneurs enterrés), de Sigrenea (télémesure de points d’apport volontaire et contrôle d’accès), d’Harmony Europe (collecte etcompaction de déchets organiques à la source) ou encore d’Enevo Oy (capteurs et logiciels de tournée). Lire le premier article ci-dessous

Avatar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *